Les Régions souhaitent signer au plus vite les conventions financières des Pric avec l'État
- 25 mars
- 2 min de lecture
Les Régions acceptent une baisse des autorisations d'engagement des Pactes régionaux d'investissement dans les compétences (Pric), moins forte que prévu, ainsi qu'une avance de trésorerie à l'État en 2026, sous réserve d'un remboursement garanti et de la signature rapide des conventions financières.
Le 27 février 2026, au lendemain de son « coup de gueule » contre le gouvernement, l'association Régions de France a été reçue par le ministère du Travail. En cause : la décision de l'État de ramener à 377 millions d'euros, pour 2026, l'enveloppe consacrée aux Pactes régionaux d'investissement dans les compétences (Pric), contre 854,9 millions d'euros prévus lors de la contractualisation en 2023.
Face à cette baisse, deux options ont été proposées aux Régions : soit accepter un niveau d'autorisations d'engagement (AE) limité à 377 millions d'euros, soit porter ces AE à 527 millions d'euros, à condition de consentir une avance de trésorerie de 60 millions d'euros à l'État en 2026. C'est cette seconde option que les Régions ont choisi d'adopter à l'unanimité. Elles en ont informé le Premier ministre, Sébastien Lecornu, dans un courrier daté du 13 mars.
L'État doit s'engager à rembourser les Régions
Un choix qualifié de « difficile », mais assumé « au regard de l'importance que revêt aujourd'hui la formation des demandeurs d'emploi », expliquent-elles, évoquant également la contraction de leurs ressources et « la souffrance des organismes de formation dans les territoires ».
Les Régions ont toutefois assorti leur décision d'une condition : obtenir de l'État un engagement clair sur le remboursement de cette avance. « Nous souhaitons qu'il s'engage, dans le budget 2027, à maintenir a minima les AE à leur niveau de 2026, augmenté de l'avance de trésorerie de 60 millions d'euros », précise François Bonneau, président de la Commission Éducation, orientation, formation et emploi de Régions de France au Quotidien de la Formation.
Accord oral de l'État
À ce stade, seul un accord oral du ministère du Travail a été obtenu, sans confirmation écrite de Matignon. Une instruction aurait néanmoins été adressée aux directions régionales de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (Dreets) afin d'avancer sur les conventions financières des Pric pour 2026. Leur signature doit notamment permettre à la région Centre-Val de Loire d'augmenter rapidement ses engagements : « 9 millions d'euros supplémentaires pourront être affectés aux commandes de formation, portant le total de 20 à 29 millions d'euros dès ce mois-ci », indique François Bonneau.
Des dizaines de milliers de places de formation menacées
Dans leur courrier au Premier ministre, la présidente de l'association, Carole Delga et François Bonneau ont également alerté sur les conséquences de cette baisse des financements. Selon eux, elle pourrait entraîner la suppression de dizaines de milliers de places de formation, réduisant d'autant les opportunités pour les demandeurs d'emploi, en particulier les publics les plus fragiles : jeunes peu qualifiés, chômeurs de longue durée, allocataires du RSA, personnes en situation de handicap ou d'illettrisme.
Ils redoutent également que certains secteurs clés ne puissent plus couvrir leurs besoins en compétences, notamment le BTP, l'industrie, l'artisanat, le numérique ou encore l'accompagnement des personnes dépendantes. Enfin, ils préviennent d'un « impact catastrophique pour l'appareil de formation », déjà fragilisé par les restrictions budgétaires affectant l'apprentissage.
Source : Centre Inffo - 25 03 2026


Commentaires