Le secteur sanitaire, social et médico-social souffre d'une « insuffisance de personnes formées et diplômées »
- 13 févr.
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Dans un rapport sur l'attractivité du secteur, l'Igas (Inspection générale des affaires sociales) suggère de former massivement de nouveaux professionnels pour répondre aux tensions de recrutement.
Chargé d'une mission sur l'attractivité des métiers du sanitaire, du social et du médico-social, l'Igas a rendu trois rapports, dont le premier porte sur les tensions de recrutement. La mission fait le constat « d'une situation préoccupante », notamment « sur un certain nombre de métiers-pivots ». Les besoins sont en hausse alors que l'offre baisse, ce qui engendre des difficultés de prise en charge. L'Igas relève « l'insuffisance de personnes formées et diplômées ». Entre 2012 et 2023, le nombre d'infirmières diplômées est passé de 26 447 à 24 215, alors que la population totale française a augmenté de plus de 2 millions de personnes dont une part des plus de 65 ans passée de 17 à 21 %. Il n'y a eu que 799 personnes qui ont obtenu le DAES (diplôme d'accompagnant éducatif et social) « vie à domicile » en 2020.
Moyens insuffisants pour connaître les besoins en personnels
La mission constate que l'action publique « ne dispose pas des moyens suffisants pour connaître les besoins précis en personnels ». Elle n'a pas non plus « de stratégie des ressources humaines du système de santé et du secteur social et médico-social ». Le cloisonnement entre le système de santé et le secteur médico-social « ne permet pas de programmer, de façon pluriannuelle, les besoins en formation et en emplois de secteurs pourtant liés de façon structurelle ». Il manque « un dispositif pivot de coordination et de pilotage des actions aujourd'hui menées en ordre dispersé ».
Injection massive de professionnels sur le marché du travail
L'Igas juge indispensable « une injection massive de professionnels sur le marché du travail ». Mais « le dispositif de formation initiale dont le calibrage a fait l'objet d'une politique prudente à la fin des années 2010 ne permet pas aujourd'hui de former suffisamment de professionnels ». En outre, « la formation continue, voie d'accès principale pour certaines professions, notamment les aides à domicile, et majeure pour d'autres (les aides-soignantes) ne joue pas, à ce stade, le rôle qu'elle pourrait jouer du fait notamment de manques de financement, dimension essentielle pour des formations souvent longues et coûteuses ».
Mieux cibler les efforts du service public de l'emploi
L'Igas propose donc de « mieux cibler les efforts du service public de l'emploi », ce qui passerait « par un accompagnement renforcé » et par « un renforcement du partenariat de France Travail avec les grands acteurs du secteur ». Pour répondre aux besoins liés au grand âge, « un travail doit être effectué, avec l'appui des Régions et du service public de l'orientation, pour présenter aux bacs professionnels ASSP et SAPAT les poursuites d'études possibles et changer leurs représentations liées au métier d'aide-soignant, afin de mieux remplir les places vacantes en IFAS ». Une nouvelle profession d'assistant en gérontologie pourrait être créée dans les Ehpad : « Une renégociation à mi-parcours du PIC 2024-2027 permettrait de réallouer des crédits à cette nouvelle formation portant sur un métier particulièrement en tension. » La mission estime que 8 000 places (5 000 infirmières et 3 000 aides-soignantes), dont 6000 en formation initiale et 2000 en formation continue, devraient être crées pour maintenir la densité standardisée des professionnels du soin.
Source : Centre Inffo - 13 02 2026

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