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De la Garantie jeunes à la Garantie jeunes universelle

  • 3 mai 2021
  • 4 min de lecture

La ministre du Travail, Élisabeth Borne, doit présenter dans les prochaines semaines ses annonces sur une "Garantie jeunes universelle". Le gouvernement, qui ne compte pas donner suite aux appels à l’extension du RSA aux moins de 25 ans, a lancé des travaux à ce sujet au début de l’année. L’objectif est que davantage de jeunes puissent bénéficier d’une allocation et d’un accompagnement. Retour sur les grandes dates de la Garantie jeunes dont le déploiement remonte en France à octobre 2013, dans le sillage d’une recommandation de la Commission européenne.


"Ces derniers mois, beaucoup ont demandé l'instauration d’un RSA jeune. La Garantie jeunes universelle, c’est mieux que le RSA jeune : chacun pourra bénéficier d’une aide financière en plus d’un accompagnement vers l’emploi", a déclaré Élisabeth Borne, début janvier 2021. Dans les discours de la ministre du Travail, comme dans ceux du président de la République, l’ouverture du RSA aux moins de 25 ans n’est pas envisageable. Ils soutiennent, en revanche, la Garantie jeunes et son extension, pour répondre aux besoins des jeunes précaires.

"La Garantie jeunes universelle, c’est la concrétisation d’une promesse d’un accompagnement personnalisé pour chaque jeune conjugué à une aide financière, l’un n’allant pas sans l’autre en temps de crise comme pour l’après", a ainsi résumé Sarah El Haïry, secrétaire d’État à la Jeunesse et à l’Engagement. Début janvier, le gouvernement a lancé un travail autour d’une "Garantie jeunes universelle". D’après le ministère du Travail, le dossier doit aboutir d’ici la fin du mois de mai 2021.

généralisation en 2017

La Garantie jeunes a été créée en 2013 et généralisée en 2017. Elle s’adresse aux jeunes Neet (ni en emploi, ni en études, ni en formation) de 16 à 25 ans, qui sont en situation de précarité. Le dispostif est mis en œuvre par les missions locales. Parmi ses fondamentaux : une allocation, un accompagnement comprenant une phase collective et une dimension "work first". La Garantie jeunes est la modalité la plus intensive du Pacea (Parcours contractualisé d’accompagnement adapté vers l’emploi et l’autonomie) créé début 2017.

Les évaluations de la Garantie jeunes sont bonnes, notamment celle menée par la Dares en 2019. Le taux d’emploi de ses bénéficiaires aurait augmenté de 10 points 11 mois après l’entrée dans le dispositif. Toutefois, pour les missions locales, la mise en œuvre a parfois été compliquée par l’absence de locaux disponibles. Dans une étude sur les débuts de l’expérimentation, le CEET faisait aussi état de bouleversements "plus ou moins majeurs" dans le réseau des missions locales.

200 000 bénéficiaires en 2021

Le débat autour de la "Garantie jeunes universelle" s’appuie sur le rapport du COJ, remis le 7 janvier 2021. Le Conseil d’orientation des politiques de jeunesse y notait que la Garantie jeunes a rempli les ambitions initiales. Mais il ajoutait dans le même temps que l’ensemble des jeunesses en situation de précarité renforcée par la crise de ces derniers mois n’y ont pas accès. L'enjeu est donc de savoir qui va pouvoir bénéficier de cette "Garantie jeunes universelle", avec quels critères et quelle allocation.

Face à la crise sanitaire et aux difficultés de la jeunesse, le gouvernement a augmenté le nombre de Garantie jeunes, avec 100 000 places supplémentaires en 2021, soit 200 000 bénéficiaires en tout. En février 2021, l’exécutif a aussi assoupli les critères afin de toucher davantage de jeunes. Ces assouplissements étaient demandés par les missions locales. "À critères constants, sauf dégradation sociale et il y en a une en ce moment, les missions locales couvrent peu ou prou le public concerné. Il y a, en effet des conditions de ressources strictes", estimait l'UNML, fin novembre 2021.

moyens pour les missions locales

Fin janvier 2021, 89 600 jeunes bénéficient d’un accompagnement dans le cadre de la Garantie jeunes, selon les derniers chiffres publiés par la Drees. Cela représente une légère hausse de 0,8 %, par rapport à début 2020. Les entrées initiales ont été quasiment interrompues par le premier confinement. Elles ont ensuite rebondi. Le nombre cumulé d’entrées initiales entre juin et novembre 2020 est de 15 % supérieur à celui observé entre juin et novembre 2019. En novembre 2020, pendant le deuxième confinement, le nombre d’entrées initiales (12 700) a atteint son plus haut niveau depuis la mise en place du dispositif. Les entrées initiales dans la Garantie jeunes demeurent très dynamiques depuis : +31 % en décembre 2020 et janvier 2021 par rapport à décembre 2019 et janvier 2020.

Dans son rapport sur la "Garantie jeunes de demain", le COJ a aussi pointé la question des moyens. "Le renforcement de la Garantie jeunes rend nécessaires des dépenses de moyens en faveur de l’accompagnement dans les missions locales", recommande le Conseil. Il appelait alors à "garantir le montant d’accompagnement prévu au début de l’expérimentation (1 600 euros / jeune)". Cela doit permettre aux structures de "financer des locaux, du personnel qualifié en CDI, des prestataires, des partenaires". Il proposait aussi de donner aux missions locales les moyens de s’équiper pour un accompagnement à distance.

solutions d’accompagnement et aide financière

En parallèle de l’augmentation des places en Garantie jeunes, l’exécutif a développé les solutions d’accompagnement permettant une aide financière. Le ministère du Travail et le secrétariat d’État à la Jeunesse pronostiquent ainsi, pour 2021, dans le cadre du Plan "Un jeune, une solution" :

  • 200 000 jeunes en Garantie Jeunes ;

  • 420 000 en Pacea ;

  • 240 000 en AIJ (Accompagnement intensif jeunes, Pôle emploi) ;

  • 30 000 en Objectif 1er Emploi ( Apec) ;

  • 25 000 en Prépa-apprentissage ;

  • 3 000 en Epide ;

  • 15 000 en École de la 2ehance.

Ces dispositifs n’ont toutefois pas les mêmes conditions, en particulier financières. Ainsi, la Garantie jeunes est assortie d’une allocation d’un montant maximum de 497 € par mois.

Les jeunes en Pacea peuvent, eux, toucher une allocation dont le plafond annuel correspond à six fois le montant mensuel du RSA. Ce plafond vient juste d’être augmenté, il s’élevait jusqu’alors à 3 RSA. Dans l’esprit du ministère du Travail, cette allocation est mobilisée par les conseillers de missions locales afin de répondre ponctuellement à un besoin. Il ne s’agit pas d’un versement automatique.

De même, la nouvelle aide pour les jeunes accompagnés par l’Apec ou Pôle emploi dans le cadre de l’AIJ est limitée à 3 RSA par période de 6 mois. Dernière évolution, le gouvernement a décidé d'étendre à de nouveaux publics le statut de stagiaire de la formation professionnelle en leur permettant de percevoir une allocation. Sont notamment concernés les jeunes pris en charge par les E2C et les Epide.


Source AEF - 01 /05 2021

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