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Le Passeport de compétences, "avancée concrète pour le service public de la formation", est officiellement lancé

  • 23 juin
  • 5 min de lecture

Près de 23 ans après la formalisation du Passeport formation dans l'ANI du

23 septembre 2003 et près de huit ans après la loi " Avenir professionnel " , le Passeport de compétences est officiellement lancé le 22 juin 2026. Un lancement qui coïncide avec la mise en ligne de sa première fonctionnalité permettant de générer des CV " à valeur probante " de certaines informations y étant inscrites . D'autres fonctionnalités sont attendues d'ici fin 2027. Ce nouvel outil doit permettre de faciliter et sécuriser les recrutements , mais aussi d'accompagner les actifs tout au long de leur vie professionnelle.


"Après avoir construit le droit de se former, nous construisons le droit à voir toutes ses compétences enregistrées, reconnues, valorisées et mobilisées. Le Passeport de compétence est le prolongement logique du CPF", souligne Jean Pierre Farandou, le ministre du Travail et des Solidarités, à l'occasion du lancement officiel du Passeport de compétences, lundi 22 juin 2026 à Paris. Ce lancement s'accompagne de l'ouverture du premier service associé à ce nouvel outil, baptisé "Mes CV" et qui permet de générer "un CV numérique fiable

et personnalisé, en s'appuyant directement sur les données enregistrées dans [le] Passeport (diplômes, expériences, formations) auxquelles [peuvent être] ajoutés des éléments personnels".


Évolution professionnelle, recrutements et suivi

Si le lancement du Passeport de compétences est clairement inscrit dans le cadre du plan interministériel "Emploi futur" lancé le 7 mai dernier pour renforcer l'insertion professionnelle des jeunes, Jean Pierre Farandou insiste sur le fait que ce nouvel outil s'adresse bien "à tous les salariés. Aux jeunes qui entrent sur le marché du travail, aux salariés qui évoluent, aux demandeurs d'emploi qui rebondissent, à la personne en reconversion, mais il bénéficie aussi

aux entreprises, aux réseaux pour l'emploi et aux administrations". En effet, en garantissant "un premier niveau d'information éclairé sur le parcours, il rassure les employeurs lors du recrutement et rapproche les jeunes de l'entreprise. En cela, il est un facilitateur de l'insertion professionnelle des jeunes", se félicite le ministre du Travail.

Si "c'est un outil qui contribue très clairement à faciliter l'employabilité de chacun", le Passeport de compétences permet aussi de "renforcer le lien de confiance entre les actifs et les employeurs" tout en simplifiant les recrutements, appuie de son côté Benjamin Maurice, le délégué général à l'emploi et à la formation professionnelle. L'ambition est toutefois plus large

comme le rappelle Marianne Kermoal Berthomé, la directrice des politiques sociales de la Caisse des dépôts. "Le potentiel et la vocation de ce passeport, c'est qu'il puisse être utilisé par un maximum d'intervenants : l'entreprise, France Travail, potentiellement les conseillers en évolution professionnelle." Pour autant, "c'est un outil qui est à la main de chacun et donc c'est chacun qui donne l'accès à son passeport quand il le souhaite", rappelle t elle.


Espace sécurisé et souverain

Concrètement le Passeport de compétences est "un service gratuit et accessible tout au long de la vie", précise Marianne Kermoal Berthomé. Associé à la plateforme Mon Compte Formation, il est ouvert à tous à partir de 16 ans (15 ans pour les apprentis), à condition d'avoir un CPF alimenté. Il est automatiquement renseigné, " de manière authentifiée et sécurisée", avec

l'ensemble des diplômes acquis à partir du Brevet des collèges. Au delà des diplômes nationaux, l'ensemble des certificateurs doivent également renseigner le Passeport des personnes qu'ils certifient. De plus, la CDC alimente les Passeport de compétences avec les "expériences professionnelles" des individus, collectées via les DSN. Des travaux sont en cours avec les régimes de retraite pour faire remonter les données antérieures à 2017. De même, des réflexions sont en cours avec l'Acoss pour collecter les données sur les parcours professionnels des travailleurs indépendants et non salariés.

L'ensemble de ces données est stocké "sur un espace numérique personnel sécurisé et souverain" et "c'est quelque chose d'extrêmement important", souligne par ailleurs la directrice des politiques sociales de la CDC : "La Caisse des dépôts est un établissement public qui a dans ses valeurs et dans ses axes stratégiques la souveraineté. Et donc dans un contexte dans lequel les enjeux de données sont fortement mondialisés, les données chez nous sont dans des espaces souverains."


Évolutions à venir

D'ici fin 2027, trois nouvelles fonctionnalités sont d'ores et déjà annoncées. En fin d'année 2026, la fonctionnalité "Mes attestations de réussite" permettra d'éditer des "attestations probantes garantissant l'obtention de diplômes et certifications". Ces attestations pourront être imprimées ou directement envoyées sous format numérique. Au deuxième trimestre 2027, ce sera le

service "mes compétences" qui sera mis en ligne pour identifier, à partir des diplômes, certifications et expériences professionnelles, les compétences dont chacun dispose. Un travail pour lequel la CDC utilise "tous les potentiels de l'intelligence artificielle pour pouvoir traduire les données de la DSN et des certifications en compétences", explique Marianne Kermoal Berthomé. Enfin, au quatrième trimestre 2027, le service "Mon avenir" permettra de "proposer des métiers et des formations ou certifications adaptées, à partir des compétences

déjà acquises et du projet professionnel de l'usager".


Antériorité et identification des données

Actuellement, la plupart des diplômes acquis depuis 1999 et des expériences professionnelles connues depuis 2017 ont été intégrées dans les Passeports de compétences alimentés. Les bénéficiaires peuvent également saisir eux mêmes des éléments qui apparaissent toutefois de manière différenciée dans le système: les données "certifiées", enregistrées par des certificateurs ou remontées via des données publiques et qui sont donc constitutives du "CV à

valeur probante", sont matérialisés par une pastille verte. Les données saisies par le bénéficiaire sont, elles, matérialisées par une pastille bleue.

Depuis la mise en version test lancée en 2023, plus de 45 millions de passeports ont été alimentés par au moins une donnée garantie concernant les diplômes, certifications, formations ou activités salariées des bénéficiaires, soit "un taux de couverture de 68 % des Français de plus de 15 ans", se félicite Jean Pierre Farandou. Au total, ce sont "plus de 319 millions d'expériences professionnelles, 18 millions de formations et 43 millions de reconnaissances, diplômes, certifications, titres, habilitations délivrées par un organisme certificateur qui y sont aujourd'hui renseignées".


Quelle gouvernance pour le Passeport ?

En conclusion de la matinée de lancement du Passeport de compétences, Jean Pierre Farandou a longuement insisté sur la gouvernance de ce nouveau service. "Il faudra [en] discuter en veillant à ce que l'esprit initial soit conservé. C'est vraiment quelque chose qui est pour chacun". Le ministre du Travail estime que ce sujet est "essentiel" et nécessite de la "transparence" et du "partage". Selon lui, "il faut être au clair sur qui est en charge de faire évoluer cet outil, des liens qu'il faut avoir avec les parties prenantes pour écouter les attentes de l'écosystème", une notion qui recouvre "les corps constitués", mais aussi "les individus, et donc plutôt les organisations syndicales qui peuvent les représenter", précise t il.


Source : AEF - 22 06 2026

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