Les Geiq préparent leur mutation
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Réunis à Paris mardi 17 mars avec leurs partenaires, les groupements d'employeurs pour l'insertion et la qualification (Geiq) ont réfléchi à la transformation de leur modèle. Objectif : renforcer leur proposition de valeur avec un nouveau « projet de réseau. » Entretien avec Francis Levy, délégué général de la fédération, pour évoquer les contours de cette évolution stratégique.
Confronté à de nouvelles réalités économiques et politiques comme la suppression des aides au contrat de professionnalisation en mai 2024 (notre article) qui a fragilisé son modèle (notre article), le réseau des Geiq a décidé d'entamer une réflexion visant à rénover son offre. Il dispose pour cela d'un « projet de réseau », sorte de feuille de route destinée à structurer ce vaste chantier de transformation.
Offre RH
Le premier axe de cette mutation en devenir consiste à mieux valoriser et étendre une mission que les Geiq accomplissent déjà : l'accompagnement RH des entreprises. Comme nous l'explique, Francis Levy, le délégué général de la fédération, il s'agirait de formaliser - pour mieux les valoriser - des actions qui sont aujourd'hui « un peu cachées. » Pourrait ainsi être proposée aux entreprises une offre repensée sous forme de prestations et services RH externalisés. Un Geiq pourrait par exemple proposer à ses adhérents d'accompagner l'intégration de tous les nouveaux salariés – même hors Geiq – ou de gérer la politique formation. Encadrée afin que soit préservée la mission centrale d'insertion et de qualification, cette diversification permettrait d'à la fois générer de nouvelles ressources et de renforcer les liens avec les entreprises.
Construire des parcours innovants
De même, l'innovation dans la construction des parcours – deuxième axe -, passe à la fois par davantage de reconnaissance de l'existant et une certaine proactivité destinée à promouvoir l'innovation pédagogique. Ce sont par exemple d'abord les nombreuses actions menées par les Geiq en amont de la signature d'un contrat (découvertes, immersions, POE, …), qui pourraient être davantage formalisées, et donc financées, dans une offre articulée à l'entrée en alternance. Francis Levy le souligne, certaines innovations pédagogiques nécessitent que la Dgefp clarifie le positionnement des Geiq, pour par exemple signifier aux Opco que le réseau est fondé à déployer des actions de formation en situation de travail et peut donc être financé à ce titre. Par ailleurs convaincus de la pertinence de la VAE inversée pour la validation progressive des compétences acquises dans le cadre du contrat de professionnalisation, les Geiq souhaiteraient la voir pérennisée et plaident pour un « assouplissement » des modalités de certification afin de pouvoir développer des parcours mixtes qui mêlent VAE et formation classique.
Diversification des recrutements
Historiquement tournés vers les publics éloignés de l'emploi, les Geiq ambitionnent aussi d'élargir leur spectre de recrutement (troisième axe) pour répondre aux difficultés des entreprises. Deux publics sont particulièrement ciblés : les personnes en reconversion professionnelle, pour lesquelles les Geiq réclament la possibilité de procéder à des recrutements en contrat de professionnalisation CDI, et les salariés en emploi précaire, comme les intérimaires et les « faisant fonction »[ 1 ], auxquels les Geiq entendent proposer des parcours qualifiants courts à même de sécuriser leur trajectoire.
Impact territorial
Pour maximiser leur efficacité, les Geiq doivent renforcer leur ancrage dans les écosystèmes locaux (quatrième axe). L'enjeu est de créer davantage de synergies et de complémentarités avec les autres acteurs de l'insertion, de la formation et de l'emploi. Ce qui passe notamment par une participation accrue aux comités territoriaux, où les Geiq sont « souvent un peu oubliés en raison de leur caractère atypique », regrette le délégué général.
Évolution du modèle économique
Outre la facturation de nouveaux services RH, les Geiq entendent explorer la réponse à des appels à projet, seuls ou en consortium, qui leur permettrait notamment de financer des actions spécifiques d'ingénierie.
Mutualisation
Enfin, la mutualisation apparaît comme un levier stratégique pour renforcer l'efficacité et la pérennité du réseau. Parmi les pistes envisagées figurent la mutualisation de postes et de fonctions support, ainsi que la création de « Maisons des Geiq » qui permettraient à la fois d'offrir une vitrine collective et de mutualiser les coûts.
Au carrefour de l'économique et du social, le projet de réseau traduit pour Francis Levy une double ambition : d'une part, réagir à un environnement économique et réglementaire en pleine mutation et, d'autre part, anticiper les évolutions futures des métiers et des compétences.
Les Geiq : lesgeiq.fr/
Source : Centre Inffo - 23 03 2026

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