La formation, « outil majeur » de l'accompagnement des demandeurs d'emploi
- 5 févr.
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En France comme en Belgique, les hommes sont majoritaires dans le public de la formation, qui peine toujours à toucher les moins diplômés et à former pour les métiers en tension.
Qui sont les publics de la formation ? s'interrogeaient les participants de la table ronde organisée par l'Afpa vendredi 30 janvier. Benoît Willaume, responsable de projets à la direction des relations institutionnelles de l'Afpa a partagé certaines données récoltées par l'organisme sur son public : Les hommes sont majoritaires (60%), même si « la place des femmes augmente depuis 20 ans ». La population est assez jeune, avec une moyenne d'âge de 34 ans. 60% des candidats ont moins de 35 ans et 12% plus de 50 ans. En 2024, la moitié des candidats étaient sans emploi, et 18% des demandeurs d'emploi de longue durée. Une part qui baisse parmi les publics en formation. La grande majorité (75%) ont déjà obtenu un titre ou un diplôme, à partir du niveau 3, donc seul un quart n'est pas diplômé. La part des apprentis, beaucoup plus jeunes, est en forte augmentation et atteint désormais les 13% des candidats.
83% des formations dans les services
Les services constituent 83% des formations en 2024. 11% concernent le bâtiment et 6% l'industrie. Deux grandes CPC regroupent 60% des candidats à des titres : les services aux entreprise (31% des candidats) et la mobilité et logistique (29% des candidats). « On relève une augmentation des titres de niveau 4 et plus », souligne Benoît Willaume. En 2024, 152000 personnes ont été titrées. Et le taux de retour à l'emploi pour les personnes ayant acquis leur titre atteint les 70%.
En Belgique, « le Forem est à la fois le service public de l'emploi et de la formation professionnelle », explique Yves Magnan son directeur général, qui tient à cette double compétence car « la formation est un outil majeur de l'accompagnement » des chercheurs d'emploi, comme ils sont nommés en Belgique. La Wallonie compte 257 000 chercheurs d'emploi dont 120 000 indemnisés mais à cause d'une réforme fédérale « 103 000 personnes vont perdre leurs allocations en juillet ». Ce qui inquiète Yves Magnan : « Auront-elles encore les moyens de se former ? ». Car dans ces données, la moitié des chercheurs d'emploi le sont depuis plus de 2 ans, et 40% sont infraqualifiés. L'enjeu est donc « ce public faiblement qualifié, que l'on a du mal à toucher ». Parmi les 56000 personnes formées par le Forem en 2025 -dont 42% de femmes- seulement un quart est venu spontanément. 146 métiers sont en tension en Wallonie, dont 80 en pénurie. Ces métiers sont perçus comme difficiles, « nous devons adapter notre communication sans mentir ».
Manque d'interrogation sur l'expérience des apprenants
Chercheur, André Chauvet s'est interrogé sur l'influence de la dénomination des publics : « Quand la désignation devient-elle assignation ? ». Il a remarqué que, même si on s'intéresse aux besoins des publics, « on s'interroge peu sur ce qu'ils ont à dire de leur expérience », au risque d'adopter une logique prescriptive. Par exemple, pour évoquer les difficultés de recrutement dans les services à la personne, cela implique de s'intéresser à pourquoi les gens restent plutôt qu'uniquement aux freins.
En travaillant auprès de personnes éloignées de l'emploi dans un dispositif du PIC, il a constaté que « l'accompagnement peut avoir une réelle vertu émancipatrice ». Il n'est pas là question d'employabilité mais de « reprendre du pouvoir sur sa propre vie », grâce à un processus qui est en lui-même transformationnel. Ce qui implique de mettre en place un « environnement capacitant » dans lequel « la dimension relationnelle est fondamentale » et faire l'expérience dans un cadre collectif soutenant.
Source : Centre Inffo - 04 02 2026

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