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GLE : "Donner une troisième vie aux vêtements" : ce projet révolutionnaire de recyclage des textiles porté par une start-up américaine sur cette friche industrielle

  • 19 févr.
  • 3 min de lecture

Le projet Circadian prévoit d’investir 450 millions d’euros et de créer 250 emplois sur le site de l’ancienne cokerie de Carling (Moselle). L’entreprise américaine Circ doit encore passer plusieurs obstacles réglementaires, administratifs et financiers avant de démarrer en 2028 le recyclage du polycoton. Ce mélange de polyester et de coton constitue la majorité des textiles produits actuellement dans le monde.


Difficile d’imaginer sur la plaie béante laissée par l’ancienne cokerie de Carling autre chose qu’une nouvelle activité industrielle lourde et polluante. Pourtant c’est bien là que l’entreprise américaine Circ, portée par trois investisseurs de Virginie, veut installer son activité de recyclage révolutionnaire des textiles usagers.

Elle a rédigé une promesse d’achat d’une quinzaine d’hectares à la Communauté d’Agglomération de Saint-Avold Synergie (CASAS) propriétaire de la friche, pour y implanter une usine flambant neuve. L'unité devrait livrer ses premières tonnes de coton et de polyester recyclés en 2028.

 "La technologie est au point" affirme Guillaume Thomé, directeur général de Circ France, "nous avons plusieurs démonstrateurs industriels aux Etats-Unis qui ont prouvé depuis cinq ans leur capacité à traiter plusieurs tonnes de polycoton par jour". Le procédé de Circ utilise de l’eau chaude sous pression pour agir comme un solvant qui permet de séparer les deux fibres, celle de polyester et celle du coton.

Ce mélange est présent dans la majorité des textiles à l’heure actuelle sur la planète. "Séparer les deux éléments permettra ensuite de les proposer à des filatures qui les revendront à des fabricants d’étoffes, et à des professionnels de la confection" poursuit le dirigeant, "il s’agit de donner une troisième vie aux vêtements, après un premier usage, on les recycle et notre procédé permettra d’en tisser de nouveaux".

Objectif de recyclage : 70000 tonnes par an

À Saint-Avold, Circ propose d’en recycler 200 tonnes par jour, soit 70000 tonnes par an. Mais l’approvisionnement de l’usine à son démarrage passera d’abord par un recyclage des chutes d’industriels, et non par des textiles usagés. "Nous avons besoin pour ça que la filière du tri se développe et s’adapte à ce que nous proposons, nous devons impulser la mise en place d’un écosystème du recyclage qui n’existe pas encore" explique Guillaume Thomé.

Son objectif : alimenter l'usine avec 50% de textiles recyclés cinq ans après le démarrage. Le groupe compte s'approvisionner auprès des industriels du secteur, comme Dodo le fabricant de couettes de Saint-Avold, mais aussi et principalement avec les industriels du bassin méditerranéen.


Le groupe espère une refonte du cahier des charges des producteurs de vêtements pour les obliger/inciter à incorporer des matières premières recyclées. Cette "responsabilité élargie du producteur" s’est fixée des objectifs précis en France : 90% de recyclage chimique en 2028, par rapport aux tonnages collectés puis triés de textiles d'habillement, linges de maison et chaussures (TLC) composés d’au moins 90 % de matière synthétique. L'objectif de collecte fixé par l'Etat est 148 000 tonnes en 2027.

Un marché prometteur

Développer l'économie circulaire des textiles, linge et chaussures représente un marché  sur lequel l’entreprise américaine compte se lancer : "la compétitivité avec la matière vierge n’y sera que dans 8 à 10 ans" estime le patron français, "mais il faut se lancer maintenant". Jusqu’ici, les projets de ce type se heurtent à une réalité que connaissent beaucoup d’autres secteurs : les ruptures technologiques nécessitent de reposer une filière qui avance main dans la main avec tous les acteurs. Sinon le serpent se mord la queue : les industriels attendent des quantités pour remplir leurs obligations, que les recycleurs ne peuvent fournir, faute de commandes des industriels !

Circ espère finaliser le dossier des autorisations environnementales au début de l’été 2026, avec la dépose des permis. Si tout se passe bien, neuf mois de traitement seront nécessaires avant de commencer les travaux au 2è trimestre 2027 pour un démarrage fin 2028. L'entreprise doit régler la question de son approvisionnement en eau, ainsi que de sa capacité à traiter ses rejets.

Elle doit également se doter d'une centrale vapeur capable de l'alimenter. GazelEnergie, propriétaire de la centrale à charbon toute proche est sur les rangs pour lui en construire une, mais Circ pourrait aussi la mettre en œuvre par elle-même.

La levée de fonds nécessaire aux 450 millions d’investissements commencera une fois que les autorisations auront été données. D’ici là "tout le monde travaille, sur le plan réglementaire, commercial, et également politique" explique Guillaume Thomé. Circ bénéficie de financements publics du fonds charbon et c’est pour l’instant : "nous candidatons pour des appels à projets, mais la concurrence est rude" reconnaît le directeur général.


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