Baromètre Synofdes : 56 % des organismes de formation contraints de réduire leur activité, 9 % au bord du dépôt de bilan
- 4 mars
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Publié récemment, le baromètre 2025-2026 du Synofdes met en lumière une dégradation rapide et profonde de la situation économique des organismes de formation. Réductions d'activité, suppressions d'emplois et menaces sur la continuité des structures se multiplient, sous l'effet conjugué des restrictions budgétaires et d'un cadre réglementaire de plus en plus contraignant.
Issu de l'économie sociale et solidaire, le Synofdes alerte depuis plusieurs mois sur la fragilisation de ses adhérents (voir notre article), pris en étau entre l'alourdissement des obligations réglementaires (voir notre article)et l'austérité budgétaire actée dans le budget 2026 de l'État. Le baromètre 2025-2026 réalisé en partenariat avec Recherches et Solidarités vient donner corps à ces alertes : pour une part significative des organismes de formation, les ajustements ne relèvent plus de l'anticipation mais de mesures de survie.
Une activité déjà amputée pour plus d'un organisme sur deux
Premier enseignement marquant de l'enquête : 56 % des organismes interrogés déclarent avoir déjà réduit ou suspendu une partie de leurs activités entre 2024 et 2025. Cette contraction touche des structures de tailles variées et réparties sur l'ensemble du territoire. Elle s'accompagne d'un impact social direct, puisque 48 % des répondants indiquent avoir procédé à une réduction de leur masse salariale en 2025. Plus préoccupant encore, 9 % des organismes envisagent un dépôt de bilan à court ou moyen terme, un chiffre qui témoigne d'un risque réel de défaillance en chaîne.
Les financements publics en net recul
Ces difficultés trouvent en grande partie leur origine dans la baisse et l'instabilité des financements publics. 89 % des structures répondantes se disent impactées par les restrictions budgétaires frappant la formation professionnelle. Pour 71 % d'entre elles, les financements ou niveaux de prise en charge annoncés pour 2025 n'ont pas été intégralement maintenus. Les reculs les plus fréquemment cités concernent les financements régionaux (28 % des répondants), devant ceux de France Travail (21 %) et des Opco (19 %), accentuant les déséquilibres économiques des organismes les plus dépendants de la commande publique.
Des conséquences directes sur les publics
La fragilisation des organismes se répercute directement sur les publics accompagnés. 60 % des répondants estiment que les demandeurs d'emploi sont les premiers touchés par les réductions d'activité, loin devant les salariés (20 %) et les personnes exilées (13 %). Un constat préoccupant, alors même que la formation professionnelle est présentée comme un levier central de retour à l'emploi et d'adaptation des compétences, dans un contexte de hausse du nombre de demandeurs d'emploi.
En dressant ce tableau chiffré, le Synofdes entend alerter sur un risque systémique : celui d'un affaiblissement durable d'un secteur clé pour la cohésion sociale, l'accès à l'emploi et l'attractivité des territoires. À l'heure où les politiques publiques resserrent leurs arbitrages budgétaires, le baromètre pose une question de fond : combien d'organismes de formation pourront encore tenir si les contraintes continuent de s'accumuler plus vite que les moyens accordés pour y faire face ?
Source : Centre Inffo - 04 03 2026

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