Travail social : l'inquiétude d'une réforme
- 9 févr.
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La réforme des diplômes du travail est en marche, avec une application prévue à la rentrée 2026. Pour l'anticiper, le réseau Unaforis (Union nationale des acteurs de formation et de recherche en intervention sociale) choisissait de se projeter en 2030, avec une journée de réflexion le 4 février au Conseil régional d'Île-de-France, et notamment une table ronde dédiée aux compétences attendues demain.
De nouveaux profils d'étudiants ou stagiaires – des jeunes, des demandeurs d'emploi, des personnes en reconversion – un nouveau rapport au travail, des questions émergentes et des mutations structurelles (l'écologie, la participation des personnes accompagnées…)… Le travail social est en première ligne et depuis toujours face aux évolutions de la société. Mais est-il prêt à se saisir de toutes les évolutions ?
Alors que la réforme des diplômes, menée à la suite des travaux du Haut conseil du travail social (lire notre article) entérine la victoire des blocs de compétences (4 blocs dont 2 communs, pour les 5 diplômes de niveau 6), les opposants ne déposent pas les armes. Alexandre Lebarbey, éducateur spécialisé et membre de la CPC (commission professionnelle consultative) cohésion sociale (CGT), estime qu'il s'agit là de « déqualifier la qualification » – le diplôme, opposable et attachée à un niveau de rémunération. Pour lui « la question de la formation n'a rien à voir avec l'attractivité du secteur », liée à l'organisation du travail, aux conditions d'exercice et aux salaires…
Pour Stéphane Pareil, directeur général de l'ARSEAA et délégué régional Nexem en Occitanie, si le diplôme donne une ossature intellectuelle, mais « dans un monde non lisible et incohérent », la compétence la plus attendue serait de rester « serein dans l'incertitude ». La formation professionnelle, notamment continue, est un levier pour le développement des missions de son association, qui y consacre un budget idoine.
Le CNFPT en veille
L'occasion pour Bruno Baron-Guichard, chef du service à l'Institut national spécialisé d'études territoriales et rattaché au Centre national de la fonction publique territoriale, de présenter comment le CNFPT (Centre national de la Fonction publique territoriale) conçoit et déploie une offre, nationale ou locale, adaptée aux enjeux des territoires en matière de formation tout au long de la vie des travailleurs sociaux.
La veille sectorielle sur les politiques publiques, mais aussi la surveillance des signaux faibles sur les territoires, permettent de construire une offre adaptée. Pour 2026, l'accent est ainsi mis sur la « transition écologie juste », la santé mentale et l'analyse des pratiques professionnelles. L'offre, en présentiel ou en distanciel, est au goût du jour, avec une prégnance des questions liées à l'IA comme « outil au service de l'accompagnement » et non pas gestionnaire.
S'adapter, encore et toujours
Chantal Mazaeff, présidente de la commission spécialisée « Formations diplômantes » de l'Unaforis et Philippe Fofana, co-président du conseil des régions, ont focalisé leur intervention à deux voix sur les enjeux structurels de la réforme pour les organismes de formation : RH, certes, ou d'accélération dans le virage numérique désormais intégré aux formations initiales.
Mais s'adapter aux évolutions, le secteur de la formation y est obligé, constamment soumis à la réforme. Chantal Mazaeff précise au Quotidien, « la réforme de 2018 avec la certification était plus pénalisante pour nous. Là, la révolution centrale, c'est la mise en place du contrôle continu et de l'évaluation en interne des EFTS. C'est pour cela que l'Unaforis propose de construire des modalités d'évaluation communes. » Cela afin d'éviter d'avoir des « diplômes d'école plutôt que des diplômes d'État ».
Source : centre Inffo - 09 02 2026

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