Rapport sur l'usage des fonds 2025
- 3 mars
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L ’investissement en faveur du développement des compétences est-il correctement dimensionné et ajusté au regard des besoins des actifs et des acteurs économiques ? L’engagement des pouvoirs publics permet-il d’accompagner efficacement les transformations du monde du travail au service de la sécurisation des parcours et de la compétitivité des entreprises ? Quelles pistes d’amélioration ressortent de l’analyse des usages de la formation et de l’impact de celle-ci sur les trajectoires professionnelles ?
ÉCLAIRER LE COUT ET LA VALEUR AJOUTÉE DES PRINCIPAUX DISPOSITIFS DE FORMATION
Le RUF vise à éclairer de manière factuelle et objective les débats autour de l’efficience du système en offrant une image fiable et synthétique du rapport coût-qualité des principales actions financées sur fonds publics et mutualisés. Il rend compte publiquement de l’effort réalisé dans ce domaine et fournit aux décideurs publics et paritaires des éléments utiles pour concevoir et faire évoluer les différents leviers de régulation disponibles.
En complémentarité avec les documents budgétaires publiés par l’administration, le RUF prend le parti d’une structuration thématique : contrats d’apprentissage et de professionnalisation, compte personnel de formation, projet de transition professionnelle, formations en faveur des personnes en recherche d’emploi et des salariés lorsque ces dernières sont mises en œuvre avec le concours de fonds publics et mutualisés. Inscrit désormais dans la durée, l’examen de chacune de ces catégories d’action s’opère selon trois dimensions : les fonds dédiés à leur mise en œuvre et le volume des bénéficiaires concernés, les caractéristiques des formations délivrées et celles des publics qui les suivent et enfin des éléments d’appréciation relatifs à la qualité, aux effets et plus globalement à la valeur ajoutée de ces actions.
2024, UNE ANNÉE DE CONSOLIDATION DES REFORMES DE L’APPRENTISSAGE ET DU CPF
L’édition 2025 porte sur les fonds engagés au cours de l’année 2024. A plusieurs égards, cette dernière est une année charnière dans la consolidation des dynamiques impulsées par la loi du 5 septembre 2018, en particulier s’agissant de l’expansion du recours à l’apprentissage et du compte personnel de formation. Ces deux dispositifs représentent une part sensible du fort investissement dans les compétences de ces dernières années.
Apprentissage : un pilotage resserré sans rupture de la dynamique
L’apprentissage fait l’objet en 2024 d’un pilotage resserré, ayant vocation à limiter les dépenses et œuvrer à la soutenabilité économique du système sans pour autant rompre avec la dynamique de démocratisation recherchée par le législateur avec la loi de 2018 et les pouvoirs publics. Les mesures adoptées – révisions des niveaux de prise en charge et des aides à l’embauche d’apprentis – ont ainsi permis de conjuguer une baisse des engagements financiers liés à l’apprentissage (- 3 % entre 2021 et 2024) et l’accroissement du nombre de nouveaux contrats pris en charge (+ 25 % sur la période).
CPF : une mobilisation marquée par la régulation et un recours accru des personnes en recherche d’emploi
En parallèle, la montée en charge du CPF s’est accompagnée, en particulier depuis 2022, de nombreux ajustements pour lutter contre la fraude, garantir la qualité des formations proposées, responsabiliser l’acte d’achat et maîtriser la dynamique de la dépense. L’année 2024 est marquée par l’instauration, sous conditions, d’une participation financière obligatoire pour les actifs occupés. S’il est trop tôt pour prendre la mesure de toutes ses conséquences, cette disposition a consacré le rôle des titulaires comme premiers cofinanceurs du compte. Après neutralisation des effets de l’élargissement du catalogue des formations éligibles au permis moto, elle a en outre occasionné une baisse des engagements financiers en faveur du CPF par rapport à 2023, essentiellement due à un moindre recours des actifs occupés.
A l’inverse, les formations CPF au bénéfice des personnes en recherche d’emploi s’accroissent en 2024 et compensent en partie les baisses de financement qui ont affecté le PIC. Ainsi, dans le prolongement des observations de la Cour des comptes, le RUF confirme le rôle moteur du CPF dans la politique de l’emploi, qui représente le premier levier d’accès à la formation en volume pour ces publics depuis 2021. Les formations financées dans ce cadre sont néanmoins plus courtes que celles prises en charge par les autres financeurs.
ANALYSER LES TENDANCES PLURIANNUELLES ET LA STRUCTURE DES FINANCEMENTS
L’édition 2025 analyse en détail chacune de ces tendances, tout en se penchant sur des sujets plus circonscrits telle que l’entrée en vigueur du fonds de prévention de l’usure professionnelle devant permettre aux salariés exposés à des risques professionnels spécifiques de se reconvertir dans les conditions prévues par le projet de transition professionnelle. Cette édition ambitionne également de conférer de l’intelligibilité aux évolutions constatées à l’échelle des dispositifs et catégories d’action en proposant une vue panoramique des financeurs qui œuvrent à l’affectation des fonds.
Enfin, soulignons que ce rapport ne serait pas ce qu’il est sans l’effort de transparence des acteurs de l’écosystème pour rendre compte de leur action. Nous tenons également ici à remercier l’ensemble de nos partenaires pour leur précieuse contribution à l’amélioration continue de sa qualité et, par là même, à notre capacité collective à éclairer les enjeux de régulation de la formation professionnelle.
Source : France compétences - 03 03 2026

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