GLE : En prélude à une nouvelle levée de fonds, Holosolis arrime ses futurs clients avec des obligations convertibles
- Administrateur

- 18 nov. 2024
- 4 min de lecture
À Hambach, en Moselle, la société Holosolis avance sur le financement de son projet de gigafactory de panneaux photovoltaïques à 850 millions d’euros. Un groupement d’industriels, composés des futurs clients d’Holosolis, vient d’apporter un million d’euros.
Nouvelle étape dans la course contre la montre engagée par Holosolis. La société veut en effet produire, dès "la fin de l’année 2026 ou au tout début de l’année 2027", ses premiers panneaux photovoltaïques, précise Jan Jacob Boom-Wichers, le président d’HoloSolis. Pour financer sa gigafactory à Hambach, en Moselle, soit un total de 850 millions d’euros pour faire sortir de terre une usine de 180 000 m2 capable de produire 10 millions de panneaux photovoltaïques par an, soit l’équivalent de 5 GW, l’industriel vient de convaincre de nouveaux investisseurs d’apporter un million d’euros au projet, sous forme d’obligations convertibles. Ce nouveau financement vient abonder une poche ouverte dans le tour de table qui doit être bouclé par Holosolis en décembre, pour un total d’une vingtaine de millions d’euros.
Partenaires financiers et futurs clients
"Ces obligations sont remboursables sous 4 ans ou peuvent être converties en actions", précise le président d’Holosolis, qui veut y voir un signal intéressant pour la réussite du projet. Dans les nouveaux partenaires du projet figurent en effet les sociétés Technique Solaire, Photosol, CVE ou encore Tenergie. "Ce sont nos futurs clients et cet engagement financier montre qu’ils croient dans la solidité du projet", souligne Jan Jacob Boom-Wichers. Le président d’Holosolis dévoile être en discussion avec d’autres industriels, toujours de futurs clients pour les panneaux photovoltaïques "Made In Moselle", pour à la fois participer financièrement au projet mais aussi "s’assurer d’avoir un accès prioritaire aux panneaux photovoltaïques lorsqu’ils sortiront", indique Jan Jacob Boom-Wichers. Les obligations émises pourront être converties en actions dès la fin de l’année prochaine, lors d’un nouveau tour de table, une série B, pour un montant "bien plus conséquent", anticipe le président d’Holosolis. Les besoins en financement du projet sont en effet considérables : après une première estimation à 700 millions d’euros, l’équipe d’Holosolis cherche à rassembler 850 millions d’euros, du fait notamment de l’inflation liée au coût des matériaux.
Des levées de fonds successives
Lancé avec un premier tour de table dont le montant n’a pas été dévoilé, le projet Holosolis cherche à se financer par des levées de fonds successives. "Avec notre première levée de fonds, nous étions sur un tour d’amorçage", souligne Jan Jacob Boom-Wichers, qui avait alors convaincu le groupe EIT InnoEnergy, son actionnaire majoritaire, le plus gros investisseur en Europe dans des projets industriels d’énergies renouvelables, mais aussi le promoteur Idec, l’industriel breton Armor Group ou encore le spécialiste français de l’agrivoltaïsme TSE et l’allemand Heraeus, fabricant notamment de composants des cellules solaires.
Trois priorités à financer
Les 20 millions d’euros de la série A "seront utilisés pour trois choses", détaille le président d’Holosolis. Première urgence, "finaliser toutes les études de l’avant-projet détaillé", qui doit fixer définitivement le visage de la future gigafactory. "Cela nous permettra de connaître au centimètre près la structure de l’usine pour ensuite aller voir nos fournisseurs, nos équipementiers pour la construction pour obtenir des devis extrêmement précis", souligne Jan Jacob Boom-Wichers. Autre priorité, payer les acomptes pour les lignes électriques. Pour la première ligne de production de l’usine, soit une capacité de production de panneaux pour 1,7 GW, les besoins en électricité sont déjà couverts, mais le président d’Holosolis anticipe "un besoin d’électricité supplémentaire" pour augmenter la capacité de production des panneaux. Pour lancer les deuxième et troisième lignes de production, prévue en 2027 et 2028, la ligne de 225 000 Volts devrait être capable d’amener une puissance de 100 MW.
Accès à l’électricité et à l’eau
"C’est le talon d’Achille de tous les projets industriels en Europe et en France, que de ne pas avoir accès à l’électricité. Nous, sur ce site, nous avons une chance colossale, c’est d’avoir une ligne préexistante, qui nous rend capable d’avoir de l’électricité en quantité industrielle dès 2026", se félicite Jan Jacob Boom-Wichers. Troisième source de dépense, la gestion de l’eau sur le site : "Nous nous sommes engagés à ne pas pomper dans les nappes phréatiques et dans les sources locales, mais plutôt de pomper de l’eau directement dans la Sarre", détaille le président d’Holosolis. Une option nécessitant l’installation de canalisations.
40 % du financement sous forme de subventions
Au final, la moitié des 850 millions nécessaires à la mise en service de l’usine Holosolis seront injectés dans la construction du bâtiment, quand les trois lignes de production avaleront l’autre moitié de la somme. "Nous allons installer chaque ligne, soit un tiers de l’enveloppe consacrée aux équipements, les unes après les autres. Donc les enveloppes financières se tiennent", pointe le président d’Holosolis. Concrètement, Jan Jacob Boom-Wichers cherche à rassembler un tiers du financement total sous forme de dette, 40 % sous forme de subventions, le solde étant représenté par des fonds propres amenés par des investisseurs.
La protection du NZIA
Parfaitement conscient de la menace que font peser sur le projet Holosolis les surcapacités de l’industrie photovoltaïque chinoise, Jan Jacob Boom-Wichers s’estime suffisamment protégé par le mécanisme mis en place par la loi sur l’industrie nette zéro, ou NZIA, adoptée par le Conseil européen en mai 2024 suite au vote du Parlement européen en avril 2024. Le texte prévoit notamment que 40 % des panneaux photovoltaïques européens installés en 2030 soient fabriqués par des Européens : "Et ça, c’est grâce à Holosolis que ce sera possible", estime Jan Jacob Boom-Wichers. Bloqués aux frontières du marché américain par des taxes à l’importation de plus de 40 %, les panneaux photovoltaïques chinois se déversent pour l’instant sur le marché européen, pour des tarifs de moitié inférieurs à ceux des produits européens. "Mais demain, les sociétés qui importent des panneaux chinois n’auront plus accès à des segments de marché", assure le président d’Holosolis. Sur un marché estimé à 100 GW, 40 % du besoin, soit 40 GW, seront donc réservés aux fabricants européens. En cumulant les capacités installées actuellement, le président d’Holosolis arrive à environ 15 GW. "Il faudra donc tripler la capacité d’une usine comme Holosolis pour saturer le marché", calcule Jan Jacob Boom-Wichers.
Source : Journal des entreprises - 15 11 2024







Commentaires